académie du Barça s'installe à Oran

Le club de Mdina Djedida patauge très souvent en jouant les rôles seconds alors qu'il lui aurait été facile de guider le Championnat national, dans toutes ses catégories.

C'est parti! L'académie de football de la célèbre ville catalane de Barcelone vient d'ouvrir son bureau dans la wilaya d'Oran. Doté de tous les moyens nécessaires, humains et matériels, ce bureau a pour mission principale, outre la formation en masse des jeunes talents âgés entre 5 et 15 ans, de les prendre en charge dans la gestion de la carrière footballistique des footballeurs ayant été admis à évoluer dans de grands clubs.

Deux entraîneurs espagnols assument une telle tâche en modelant la nombreuse matière première pouvant facilement faire le bonheur des clubs aussi bien nationaux qu'étrangers. Ces deux coachs auront la lourde tâche de dénicher un peu partout dans les stades de proximité d'Oran les jeunes talents à former dans les somptueux terrains d'application du stade Soualmia sis le quartier d'El Barki. C'est une première en Algérie, la formation des jeunes Algériens par des entraîneurs espagnols qui se sont fixé un délai de trois années pour faire le bilan de leur travail. Les jeunes sportifs oranais, désireux d'investir dans le football, auront donc cette opportunité d'être coaché par des spécialistes ibériques et ce, dans le cadre de la mise en application d'un programme tout sportif, basé essentiellement sur les hautes techniques régissant le football. C'est donc l'expérience espagnole qui s'installe dans la capitale des Deux Lions, El Bahia. Rien n'indique que le projet soit voué à l'échec, vu les moyens mis en place par les entités en charge du développement du sport national, très précisément à Oran.  

La matière première ne manque pas. Des centaines de jeunes talentueux ont, à plusieurs reprises, attesté leurs prouesses en faisant tourner le ballon dans des normes de haute technicité. Faute de suivi et de prise en charge, ces jeunes footballeurs terminent souvent leurs carrières dans la rue en se retrouvant, soit chômeurs, soit noyés dans des divisions ne leur donnant plus l'occasion d'émerveiller les adeptes du ballon. Un tel coup n'est en réalité par le premier en son genre. L'Association sportive d'Oran (Asmo) a, depuis la nuit des temps, mis en place une telle politique basée sur la formation des jeunes talents qu'elle «exporte», contre des miettes, dans d'autres clubs sportifs de renom. Faute de moyens nécessaires, le club de Mdina Djedida patauge très souvent en jouant les seconds rôles alors qu'il lui aurait été aisément facile de guider le Championnat national, dans toutes ses catégories, vu le réservoir humain le composant.

Le formateur espagnol Juan Diego Rozas Rodriguez dira que «Oran ne manque pas de jeunes footballeurs pouvant facilement enchanter les amoureux du football». Le football algérien n'a, selon des spécialistes, rien à envier à celui des pays développés comme les clubs européens. Il suffit d'un petit déclic pour que ce sport populaire soit re-dynamisé comme au bon vieux temps. D'autant que la volonté existe. Oran a, ainsi, lancé les premiers jalons en ouvrant grandes les portes à la philosophie footballistique espagnole, en attendant que d'autres villes lui emboîte le pas, sachant que la Fédération algérienne ainsi que le ministère de la Jeunesse et des Sports misent gros sur la formation. A cela s'ajoutent les infrastructures sportives ne faisant plus défaut.

La majeure partie des quartiers d'Oran sont dotés des terrains de proximité et autres stades combinés en attendant la livraison du stade géant olympique de Bir El Djir.

En attendant les résultats escomptés par ce vaste programme de formation, le ballon ne tourne toutefois pas comme il se doit.

Les matchs disputés entre les clubs professionnels des deux divisions sont, dans leur majorité loin de donner l'image d'un football de spectacle. Les tournois inter-quartiers organisés dans des terrains des cités drainent beaucoup plus d'amoureux du ballon que ceux des divisions supérieures. A qui la faute? Jusque-là, aucun des responsables en charge de la gestion d'une telle discipline n'a, contre toute attente, réussi à identifier les sources du mal. Une chose est sûre: le football algérien est, tel que décrit par les spécialistes, malade, ses responsables sont, en majeure partie à l'origine de la gangrène qui ne cesse de se généraliser. La refondation du football algérien est, de l'avis de plus d'un sportif, plus que nécessaire, pourquoi ne pas faire appel à toutes les compétences? D'autant que tous les projets et toutes les idées se valent. Pour peu que ce sport retrouve son charme d'antan, loin de tous les calculs basés sur des intérêts abjects.

 

Par Wahib AïT OUAKLI

 

Source

expression

 

Info Oran