nostalgie du couffin de marche

Symbolisant fortement la finesse du travail artisanal de nos terroirs, respectueux de la discrétion et de l’environnement, le couffin de nos parents, brille par son absence dans nos souks. L’aspect esthétique et surtout moral lié à ce couffin, étaient profondément ancrés dans la conception de la vie communautaire que menaient ceux qui nous ont précédés.

Profitant des progrès réalisés en chimie et, sans tenir comp te de son sain passé, l’homme, comme il est si bien dit, a joué imprudemment à l’apprenti sorcier. Et, le voilà produisant à profusion et surtout à moindre coût des millions de sachets en plastique de toutes couleurs qui après une brève utilisation, iront défigurer le paysage de nos villes, villages et campagnes. Jonchant, sur nos trottoirs, toujours présents, sur nos routes, comme sur les lieux de villégiature et ce, malgré les efforts déployés par les jeunes recrutés par les communes pour enrayer ce phénomène, ils demeurent résistants à tout effort… S’accrochant telles de gluantes pieuvres aux arbres et aux arbustes, dansant au plus petit vent, ces sachets en plastique, rouges, blancs, transparents, viennent ainsi dégrader ce qui reste de nos beaux paysages. C’est aujourd’hui une pure et triste réalité qui frappe d’emblée votre regard et que personne ne peut nier. Hélas! Face à cette situation qui a atteint un degré de gravité, les spécialistes comme dans le passé, continuent de pointer du doigt, la relation de cause à effets de l’impact direct que peuvent causer ces millions de sachets en plastique qui continuent d’empoisonner notre environnement.Par manque d’information, beaucoup, sont les citoyens, qui, méconnaissant le risque sanitaire lié à l’utilisation des sachets plastiques, continuent de les accepter lors de leurs emplettes dans les marchés et les grandes surfaces. Non dégradables, les sachets en plastique, constituent un réel danger pour l’environnement et la biodiversité. Et, les détruire par le feu, représente un grand danger pour la santé de l’homme. Toujours, selon les experts, les fumées de la matière plastique en combustion, sont hautement cancérigènes, elles peuvent causer le cancer par inhalation… Des études, nous dit-on, ont montré un lien entre ces fumées très toxiques et certains cancers de l’appareil respiratoires.Loin de nous, l’idée de jouer aux cassandres, nombreux, sont les citoyens qui estiment être en droit de s’interroger à quand une action salutaire pour l’interdiction pure et simple de cette production envahissante de sachets en plastique, sachant, que nombreux, sont les pays qui ont pris le taureau par les cornes, en allant catégoriquement vers la production de sachets en papier moins encombrants après usage et facilement biodégradables. -Faut-il envisager une campagne de sensibilisation à grande échelle, afin de limiter au mieux l’usage de sachets en plastiques et trouver des alternatives face à ce réel danger ? -L’alternative est là, il suffit de savoir regarder autour de soi, réplique cette dame sexagénaire.-Il n’y a pas mieux que le couffin de nos aïeux, nous dit-elle, celui-ci ne constitue aucun danger et vous assure une parfaite discrétion vis-à-vis de vos voisins.- Ah, où es-tu bon temps ? Puis, elle nous quitte, en nous lançant un regard plein de désolation. Revenir au couffin, c’est relancer la production artisanale de ce produit presque oublié et minimiser par cette action le chômage. Imaginons un peu, si, tous les foyers algériens revenaient à cet emblématique couffin, cela donnerait du travail à des centaines de jeunes qui souhaiteraient adhérer à cette thèse.Enfin, face à cette utilisation abusive de sachets en plastique, les pouvoirs publics, devront intervenir d’une part, pour mettre fin à cette production, qui, de jour en jour envenime notre environnement et, d’autre part, encourager l’alternative pour la production de sachets en papier facilement dégradables et pourquoi pas la relance à grande échelle de production de couffin.

 

Par Mohamed Sellam

 

Source

westribune

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