Visite du wali à la daïra d'Aïn El-Turck

En termes d'impondérables, le chantier de la nouvelle Corniche supérieure, dans sa 1ère tranche reliant la RN2 au CW 45, vient en tête de liste des projets du secteur des TP. Les contraintes et les incidents imprévisibles, il y'en a eu tant et plus. L'immaturité de l'étude initiale y est pour beaucoup. L'heure n'étant plus à la rétrospective, le wali, pragmatique jusqu'à la moelle, ne veut regarder que vers l'avant. Hier lundi, il ne s'est pas déplacé au chantier pour découvrir les problèmes. Encore moins pour chercher des réponses aux questions du genre : «Qui aurait dû faire ?». Ce projet par lequel il a amorcé sa tournée à travers la daïra d'Aïn El-Turck, parce que situé au début de l'itinéraire et figurant en tête d'affiche du circuit programmé en termes d'importance, le chef de l'exécutif s'y est rendu pour superviser le déroulement des travaux des lots «imprévus» qui sont venus se greffer au chantier et, partant, s'assurer que les intervenants sont bien dans les délais. Pour cela, il a dû conjuguer l'autorité du leadership qu'il est par définition, le sens du technicien qu'il a acquis dans son parcours de la «Locale» et sa parole d'honneur en qualité de représentant de l'Etat. Il a su combiner ces trois éléments pour faire avancer les choses. En choisissant le tronçon de jonction entre l'échangeur -déjà fin prêt- à hauteur de la base navale de Mers El-Kébir et la liaison autoroutière longeant le massif montagneux -également achevée- comme point de présentation, le wali voulait écouter, puis répliquer et plaider sur pièce. Car c'est là, au niveau de ce trait d'union, de 800 mètres de route en pente, entre le pont de bifurcation et la nouvelle connexion autoroutière qui part du quartier Longs-Champs et débouche sur le giratoire CW44-CW45 au lieudit Aïn Khedidja, que se pose le problème. Ou plutôt les problèmes. En effet, il est question de lots supplémentaires, des ouvrages de consolidation et de protection qui sont venus s'ajouter aux travaux prévus, mais dont la réalisation elle-même a entrainé des «sous-lots» inattendus, pour ainsi dire.

Question d'impondérables ou étude lacunaire ?

En raison de la nature du sol, un terrain argileux, accidenté, instable, les travaux d'excavation et de terrassement ont provoqué inévitablement des accidents en cascade, sous forme d'affaissement de sol, tassement ou éboulement. On a dû donc, après maturation de l'étude, y remédier par une série de dispositifs, dont notamment un mur de soutènement et un deuxième ouvrage d'art. Le mur qui a pour fonction d'arc-bouter et de retenir le massif argileux, long de 240 mètres, est à moitié fait, puisque 43 sur les 86 pieux prévus ont été déjà mis en place. Reste l'ouvrage d'art qui doit attendre l'arrivée à son hauteur du mur de soutènement. Les propriétés géotechniques du sol sont telles qu'on doit avancer par à-coups, acte par acte, étape par étape. Même la configuration de l'échangeur et son profil ont dû être partiellement changés en raison des impondérables surgis au cours des travaux. Tout cela a nécessité un réajustement de l'ordre de 700 millions de DA, travaux d'aménagement et de lifting post-chantier inclus, notamment à hauteur du giratoire RN2-Evitement. «Avec les 700 millions de DA, on compte mener à bout le tout avant le début de la saison estivale prochaine», a affirmé la directrice de la DTP, le maître d'ouvrage. Ce à quoi lui a répliqué le wali : «Et si ça ne venait pas ?». Un peu plus tard, lors d'un point de presse improvisé à Bousfer-Plage, «Le Quotidien d'Oran» est revenu sur ce point, en voulant savoir si l'échéance d'ouverture de cette desserte, à savoir juin 2018, était tributaire ou non de cet avenant de 70 milliards de cts.

Et si l'avenant de 70 milliards ne venait pas ?

A ce propos, Mouloud Cherifi a fait comprendre qu'«on a fait tout le nécessaire pour que cet avenant nous soit accordé et les éléments d'information dont nous disposons nous laissent optimistes là-dessus. A défaut, nous devrions compter sur nos fonds propres pour parachever et être au rendez-vous». Cette option, qui serait activée dans le cas «fort improbable» -a priori- où le réajustement venait à être invalidé par la Centrale (ou repoussé à un autre exercice budgétaire à tout le moins), le wali l'avait bien évoqué sur site, au moment où il devait rassurer l'entreprise chargée de la réalisation du mur de soutènement. «N'ayez crainte, vous serez payé. Continuez votre travail. Vous allez récupérer chaque sou que vous auriez dépensé. Là, vous ne faites qu'investir votre argent, n'est-ce pas ? (…) Je demande à tout le monde ici, le maître d'ouvrage compris bien sûr, de mener jusqu'au bout le travail. On va en finir, quitte à ce qu'on prenne en charge (sur fonds de wilaya : Ndlr) en parti de ce qui reste à faire». Tout compte fait, le wali paraissait confiant et même très à l'aise, ne se faisait point de souci -sur le plan de la communication avec les intervenants en tout cas- s'agissant du volet lié au financement de ce chantier, dont il a la chance d'avoir hérité de son prédécesseur nommé entretemps aux commandes du secteur des TP et des Transports, et avec qui il a eu récemment un échange «très fructueux» au détour de la récente visite de Ahmed Ouyahia au pôle pétrochimique d'Arzew. Bref, en termes de degré d'assurance, les signes avant-coureurs sont au niveau maximal pour la wilaya d'Oran en ce qui concerne ce projet, qui va atténuer la pression du trafic automobile sur la route des Tunnels de façon significative, tout en offrant une nouvelle liaison autant fluide que sécurisée pour rallier la Corniche.

 

Par Houari Saaïdia

 

Source

quotidien

Info Oran